Le Sanctuaire

Un feu étranger

Lévitique 10.1-3

Quand Dieu chargea les enfants d'Israël de construire un sanctuaire afin qu'Il puisse habiter au milieu d'eux, Il fut très clair avec Moïse en disant qu'ils devaient le construire exactement selon le modèle du sanctuaire céleste que Dieu lui avait montré. Dieu fut très précis afin qu'il n'y ait pas de déviation par rapport au modèle. La raison est que chaque chose dans ce sanctuaire révélait la gloire de Dieu.

Dans le dernier chapitre nous avons vu la signification du feu venant de Dieu Lui-même et consumant l'agneau sacrifié. Le feu qui consumait cet agneau sur l'autel d'airain représente la juste colère de Dieu sur Son Fils Jésus-Christ, de façon à ce que nous puissions être délivrés du péché. En d'autres termes, Dieu L'a fait devenir malédiction pour nous, afin que nous soyons rachetés de cette malédiction. Cette malédiction signifiait la soumission du Père et du Fils au salaire du péché, qui est donc la seconde mort et cela par amour pour nous. Dieu n'a pas épargné à Son Fils une angoisse absolue. Rappelez-vous que cela fit autant de mal au Père qu'au Fils. Ce fut douloureux pour la divinité mais c'était essentiel pour notre salut.

Le diable a toujours essayé d'envelopper cette vérité -- le sacrifice suprême de Christ -- de ténèbres. Et quand on fait cela, la Bible dit que c'est un feu étranger. Certaines versions parlent de « feu interdit ». Dans Lévitique 9.24 nous lisons : « Le feu sortit de devant l'Éternel, et consuma sur l'autel l'holocauste et les graisses. Tout le peuple le vit; et ils poussèrent des cris de joie, et se jetèrent sur leur face. » En fait, dans ce texte, Dieu révèle la vérité de la croix. Sa colère s'est déversée sur nos péchés dans la personne de Jésus-Christ. Ce sont nos péchés qui ont été consumes en Jésus-Christ. Ils ne l'ont pas été en nous. Nous parlons là des faits objectifs de l'Évangile. Nous n'en sommes pas encore à l'application. Nous verrons cela plus tard mais pour l'instant nous nous entretenons sur ce que Dieu a fait pour vous et moi en Christ. C'est la base. Si la base est mauvaise, toute la construction le sera. Aussi ne faites pas d'application personnelle de ceci pour vous-mêmes pour le moment; nous le ferons ultérieurement. Nous considérerons maintenant ce que Dieu a fait à Son Fils qui, par amour, voulait nous racheter.

Quand nous lisons dans Lévitique 10 l'histoire des deux fils d'Aaron, Nadab et Abihu, qui se servirent d'un feu étranger, la question que nous pouvons nous poser est : « Pourquoi Dieu a-t-Il fait descendre le feu pour les supprimer? » Nous ne devons pas penser que Dieu est cruel, qu'Il attend la moindre incartade pour nous détruire. Dieu n'a pas fait les choses dans cet esprit là. Si nous regardons le contexte, au verset 9 il est dit que ces deux hommes étaient ivres. L'Esprit de Prophétie confirme cela. Dans Lévitique 10.9 le Seigneur dit à Aaron : « Tu ne boiras ni vin, ni boisson enivrante, toi et tes fils avec toi, lorsque vous entrerez dans la tente d'assignation, de peur que vous ne mouriez. » Ces deux hommes étaient intoxiqués et le diable les a conduits à utiliser un feu interdit; en faisant cela ils pervertissaient la vérité de la croix qui était alors donnée comme un type. Dieu avait averti Israël de ne pas altérer l'Évangile. Si vous faites cela, vous subirez la colère de Dieu sans miséricorde aucune.

Le livre des Galates nous apprend que ce feu étranger apparaît aussi à l'époque du Nouveau Testament. Il était apporté par les Judaïsants. Ils pervertissaient l'Évangile que Dieu avait confié à Paul pour le prêcher aux Galates. Notez comment Paul voit cette perversion et ceux qui la provoquaient. Les Chrétiens de Galatie avaient été évangélisés par Paul. Il les avait établis en Jésus-Christ et en Jésus-Christ crucifié. Il avait établi cette église en Galatie et puis les avait quittés. Alors les Judaïsants arrivèrent et pervertirent l'Évangile qu'ils avaient reçu, et les Galates s'y laissèrent prendre.

C'est ce que Paul dit dans le premier chapitre de la lettre qu'il leur envoie. Dans Galates 1.6-8 il dit : « Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu'il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Évangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème! » Que le feu du ciel descende et le consume. Cela c'est la terminologie de l'Ancien Testament. « Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure. « Il répète son avertissement parce qu'il souhaite que les Galates prennent la chose au sérieux. N'altérez pas la vérité de l'Évangile. Si un homme vous annonce un autre évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit maudit. C'est exactement ce que Nadab et Abihu ont fait quand ils ont apporté ce feu étranger. Ils pervertissaient la vérité telle quelle est en Christ.

Nous vivons aujourd'hui dans une Église Chrétienne ayant des idées confuses au sujet de la croix. Le diable a enveloppé la croix dans des ténèbres, et il a fait cela avec un feu étranger. Il y a quatre sortes de feu étranger. Nous avons effleuré le premier dans le dernier chapitre. Quand vous essayez de regarder à la croix selon le point de vue des Romains, vous êtes dans l'erreur. Pour les Romains, il s'agissait simplement de la peine capitale. Nous sommes d'accord pour dire que c'était une mort horrible, très douloureuse. C'était honteux, mais cela restait quelque chose que l'homme infligeait à l'homme.

Les Juifs ne regardaient pas la croix en pensant que des hommes infligeaient un châtiment à un autre. Ils la voyaient comme un châtiment de Dieu sur un homme. Et nous avons vu avec ce dernier chapitre que la croix pour les Juifs représentait la malédiction irrévocable de Dieu contre le péché. C'est pourquoi nous ne devons jamais considérer la croix avec les lunettes d'un Romain. Ce ne sont pas les Romains qui crièrent : « Crucifie-le. » Ce sont les Juifs. À ce moment-là, ils ne pensaient pas avec une mentalité de Romains; ils pensaient en Juifs. Ils savaient qu'il y avait un commandement dans le Deutéronome qui stipulait qu'un homme pendu au bois était maudit de Dieu. Et bien entendu, Paul, qui était Juif rappelle cela dans Galates 3.13 et dit : « Christ a été fait malédiction pour nous. » Il cite alors le Deutéronome.

J'ai fait mention du deuxième problème qu'est la doctrine de l'immortalité de l'âme qui s'est infiltrée dans l'Église Chrétienne après la mort des disciples, au moment où la direction de l'église tomba entre les mains des Grecs. Ceux-ci croyaient à l'immortalité de l'âme. Ce n'est pas un concept hébraïque mais grec. Quand cette idée pénétra le monde chrétien elle créa un problème.

La Bible est claire. « Le salaire du péché c'est la mort. » Romains 6.23. L'Ancien Testament est clair. Par exemple Ézéchiel 18.20 : « L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra. » En accord avec l'Écriture, la mort est la fin de la vie. En d'autres termes, la mort c'est un « adieu à la vie ». La vie que nous possédons, qui est une vie créée, possède un commencement et c'est pourquoi elle peut aussi avoir une fin. Adam n'a jamais eu une vie immortelle. Il avait une immortalité conditionnelle. Si nous enseignons que l'homme possède une vie immortelle (le mot âme signifie vie ou principe de vie), et si l'homme possède une âme immortelle cela signifie que la vie ne peut jamais mourir. Alors que faisons-nous avec le salaire du péché? Nous devons lui trouver une autre définition.

La définition que l'Église Chrétienne donne pour le salaire du péché c'est « brûler dans le feu éternel de l'enfer éternellement ». Nous en arrivons à ce genre d'explication parce que nous avons donné une âme immortelle à l'homme. C'est bien là qu'est le problème, et il est double.
  1. Pourquoi devrais-je brûler éternellement, alors que le Christ, qui reçût la punition pour le péché ne brûla que durant trois jours? « injuste! »
  2. Le second problème est que, par conséquent, vous définissez la mort comme la simple séparation du corps et de l'âme. Ce qui signifie que tout ce que Christ a souffert sur la croix était uniquement une souffrance physique. Tout ce qu'il avait à faire était de mettre de côté le pouvoir de Sa volonté et dire : « Je vais aller à la crucifixion car après trois jours mon âme ira au ciel. » Où est le sacrifice?
Il y a des êtres humains, chrétiens ou non qui ont souffert physiquement plus que Christ. Aussi que faites-vous avec le sacrifice suprême? Cela m'est égal de souffrir trois jours si c'est pour vivre éternellement. Mais sur la croix, Jésus a dit adieu à la vie pour toujours; Il était sans espérance. II était prêt à assumer toute la malédiction du péché qui correspond à la séparation éternelle d'avec Son Père, et cela par amour pour nous.

Aussi la doctrine de l'immortalité de l'âme a-t-elle enveloppé la Croix dans de ténèbres et dépossédé la vérité de sa gloire. C'est pourquoi l'enjeu réel de cet enseignement n'est pas le spiritisme. Oui, c'est une partie du problème, mais la véritable raison pour laquelle Satan a introduit cette doctrine dans l'Église, c'était pour la priver de l'amour plein d'abnégation du Christ.

Maintenant il y a un troisième problème qui s'introduit dans l'Église par la porte de la théologie libérale. Malheureusement il se faufile dans notre mouvement par l'entremise de certains professeurs de nos universités. C'est ce qu'on appelle « la théorie de l'influence morale ». Romains 3.25 est un des textes qui a soulevé le problème. Regardez les versets 24 et 25 pour en saisir le contexte : « et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience. » Certaines traductions useront du mot « expiation » à la place de la propitiation. Le mot grec est « hilasterion ». C'est le mot qui était utilisé à l'époque pour désigner les sacrifices païens que l'on offrait à un dieu en colère et qu'il fallait apaiser. Bon nombre de théologiens libéraux n'aiment pas cela, et ils ont raison, parce que le Christ n'est pas mort pour apaiser un Dieu en colère.

Nous devons bien comprendre que le mot « colère », dans la Bible a une signification bien différente du mot « colère » dans le dictionnaire. Nous ne devons jamais projeter notre colère humaine, qui est un courroux, quelque chose de principalement émotionnel, avec la colère de Dieu qui est une chose juste. Il laisse simplement le pécheur libre, puisque celui-ci Lui dit : « Adieu ». Dieu lui répond « D'accord, je te laisse aller. » C'est pourquoi la différence entre la croix Romaine et la croix Juive était celle-ci. Dans la croix Romaine c'est l'homme qui inflige le châtiment et dans la perception Juive c'est Dieu qui le fait, et non pas pour trois jours mais pour l'Éternité. C'est le salaire du péché puisque le péché dit adieu à Dieu pour toujours. Le résultat c'est qu'au moment où Dieu vous dit : « Adieu », au moment où la Source de vie vous dit « Adieu », il ne vous reste plus rien que la mort éternelle.

Nous devons être certains que le Christ n'est pas mort pour apaiser un Dieu courroucé. Nous ne devons jamais faire de différence et dire que Jésus est une personne aimante alors que le Père est un Dieu en colère. Dieu était en Christ réconciliant le monde avec Lui-même. Regardez 2 Corinthiens 5:18-19, 21 : « Et tout cela vient de Dieu (Dieu est la source de toutes choses), qui nous a réconciliés(c'est Dieu qui nous a réconciliés) avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. »

Comment cela se fait-il que Dieu n'impute pas aux hommes leurs offenses, alors que c'est notre juste rétribution? Le verset 21 nous dit pourquoi : « Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » Jésus n'a pas commis le moindre péché mais Dieu a fait de Lui ce que nous sommes afin que nous puissions devenir justice de Dieu en Lui.

Ce que les théologiens libéraux ont fait a consisté à éloigner de nos esprits l'idée que Jésus Christ serait mort pour apaiser un Dieu furieux. Mais malheureusement ils sont ensuite allés vers l'autre extrême et se sont attaqués à l'essentiel de la réalité de la croix. Ils ont commencé à enseigner que Jésus n'avait pas vraiment besoin de mourir pour nous sauver, et cette idée s'introduit dans l'Église. Il est simplement mort pour nous prouver qu'Il nous aimait. C'est un peu comme les aides Américaines au Tiers Monde. Nous faisons cela par exemple avec le Nicaragua pour des raisons diplomatiques, afin de garder ces pays à nos côtés dans notre combat contre la Russie. Les communistes s'étaient fixés comme objectif de contrôler la planète entière, y compris les États-Unis dans un laps de temps de cinquante années. C'était une bataille entre deux super puissances. Bien sûr, nous avons aidé ces gens pour montrer que nous les aimions. Nous les aidons et nous voulons qu'ils s'associent à nous.

La théorie de la théologie libérale consiste à dire que Dieu a permis que Son Fils soit torturé par les hommes afin de leur montrer qu'Il les aimait. Ce fut simplement une démonstration. Mais il est certain que sur la croix nous voyons le sacrifice suprême du Christ qui s'est dépouillé Lui-même afin de nous manifester Son amour agapé. Mais dès lors que nous ôtons la structure légale de la croix il n'est plus nécessaire pour Lui de souffrir la seconde mort, puisque c'est la loi qui réclame le salaire du péché. Et dans ce cas la seule chose qui nous reste à présenter, c'est la torture physique.

Comme il a été dit, il s'est trouvé bon nombre de personnes qui ont souffert une mort physique plus atroce que celle du Christ. Prenons pour exemple Blandine, cette jeune esclave persécutée et mise à mort à Lyon en 177. Il lui a été demandé de renier Christ, et elle a refusé. Elle avait de longs cheveux et on s'en est saisi pour la traîner dans les rues pavées de l'époque, pendant trois jours, s'arrangeant pour que son visage même heurte le sol en permanence. Après cela, on la souleva par les cheveux en lui disant : « Renie Christ ou tu mourras. » Et dans un faible murmure elle dit : « Je suis chrétienne. » On la plaça alors dans un filet et on s'arrangea pour qu'un taureau furieux la charge et la transperce. Une corne s'enfonça dans le corps et elle agonisa de cette mort atroce. Pendant tout ce temps elle garda l'espérance. Dieu ne lui a pas ôté cette espérance de la vie éternelle.

Sur la croix, l'espérance du Christ lui était retirée. C'est ce qui rendit Son sacrifice suprême si particulier. L'influence de la « théorie de l'influence morale » nous a privé de l'élément même qu'ils étaient sensés vouloir nous apporter. Ils ont ainsi privé le monde de l'assurance du salut en transformant la structure légale de la croix. Il nous faut bien être au clair sur ce point : bien que le Christ ne soit pas mort pour apaiser un Dieu courroucé, la justice devait être satisfaite, sinon Dieu serait devenu injuste. La différence entre un dieu païen et notre Dieu c'est que le dieu païen exige un sacrifice de votre part alors que le Dieu de la Bible se sacrifie Lui-même. C'est une idée qui est vraiment loin du paganisme.

Pour conforter cette idée, nous pouvons lire dans la Bible Commentary, volume 6, p. 1099 : « La justice exige que le péché soit non seulement pardonné, mais que la sentence de mort soit exécutée. Dieu, par le don de Son Fils Unique atteint ces deux exigences à la fois. En mourant à la place de l'homme, Christ assume la pénalité et apporte le pardon. » En réalité, quand nous pardonnons à nos enfants, au moment où ils ont fait quelque chose de mauvais, nous ne les pardonnons pas en réalité. Nous les excusons.

J'ai assisté une fois à un meeting à Nairobi, au Kenya. Je me suis mis à la recherche d'un stationnement en arrivant sur les lieux de cette réunion. J'ai tourné et tourné en voiture, et j'ai finalement trouvé une place, réservée aux voitures d'ambassade. Vous savez que les ambassades ont une immunité diplomatique. Je me suis garé à cet endroit. Quand je suis revenu de cette rencontre, j'ai trouvé là un officier de police. Je me suis tenu à distance un moment, dans l'espérance qu'il partirait parce que moi aussi je tiens à mon porte-monnaie. Je suis aussi un pécheur. Finalement, je suis allé jusqu'à lui et il m'a demandé si c'était ma voiture. Alors j'ai dit : « Oui. ». Il m'a répondu : « Vous avez enfreint la loi. » Je lui ai répondu que cette voiture était aussi celle d'une ambassade. Alors il m'a rappelé que les voitures diplomatiques étaient munies d'un macaron spécial et je lui ai dit que j'étais aussi un ambassadeur. En fait je lui ai donné le texte de 2 Corinthiens 5.20 : « Maintenant vous êtes ambassadeurs pour Christ. » Alors il me dit : « Et comment se fait-il alors que vous n'ayez pas votre plaque minéralogique d'identification.» Je lui ai répondu : « C'est parce que le royaume que je représente n'est pas de ce monde c'est pourquoi nous n'avons pas besoin de plaque d'identification diplomatique. »

Il était Catholique Romain. Quand il réalisa que j'étais pasteur, il me dit : « J'ai commis un terrible péché. Je crains d'aller voir le prêtre parce qu'il me connaît personnellement et qu'il sait que je suis policier de métier et que de ce fait je ne dois pas transgresser la loi. Si je vous en fait la confession, pourrez-vous demander à Dieu le pardon en ma faveur? » Alors je lui ai répondu que je n'avais pas ce privilège. Je me suis assis et pendant deux heures je lui ai montré l'Évangile dans la Bible. C'était pour lui une bonne nouvelle. Il me dit alors : « Vous pensez qu'il y a donc de l'espoir pour moi? » Je lui ai répondu : « Oui. » Il ne me fit pas grâce immédiatement de ma dette, mais il me dit ceci : « Chaque fois que je serai en fonction et que vous viendrez ici vous pouvez être assuré que vous n'aurez pas de problème. »

Ce qu'il fit m'arrangea bien, mais était-ce juste ? Non. Il ne pouvait être qu'injuste en me pardonnant, étant lui-même pécheur; mais Dieu ne peut pas agir ainsi. II ne peut pas nous pardonner en excusant le péché! II nous aime tant qu'Il a préféré se charger Lui-même des conséquences du péché. Et c'est là que la théorie de l'influence morale a privé le monde de La gloire de La croix. « La mort du Christ a proclamé la justice de la loi du Père en punissant le transgresseur, en ceci que le Fils a consenti à prendre sur Lui le châtiment prévu par la loi afin de sauver l'homme de la malédiction. Témoignage Vol. 1, p. 249. C'est la définition que les disciples ont donné au terme grec « hislasterion » et ils ne lui donnèrent pas ainsi de consonance païenne. Nous avons un Dieu qui nous aime au point de Se rendre obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix (l'abandon de Dieu, la malédiction de Dieu). Ne permettons pas à cette idée moraliste de priver la croix de sa gloire. C'est une idée qui peut paraître merveilleuse mais c'est une voie subtile pour priver la vérité de son évangile de sa bonne nouvelle.

Maintenant tournons-nous vers ce quatrième cas de feu étranger. C'est une argumentation philosophique. La question soulevée par beaucoup, et spécialement par les intellectuels, est celle-ci : « Comment Christ a-t-Il pu vraiment expérimenter la seconde mort? »
  1. Il a prédit Sa résurrection.
  2. Il a promis au voleur qui était sur une croix à Ses cotés qu'il serait au ciel avec Lui.
  3. Il est réellement ressuscité de la mort.
  4. Il était Dieu.
Nous n'avons pas toutes les réponses à ces arguments. Nous passerons l'éternité à étudier la science de la croix. Nous ne pouvons pas en expliquer tous les détails. C'est une affaire trop importante pour en saisir vraiment toutes les dimensions. Mais je vais vous donner ce qui a satisfait ma compréhension et vous dire comment je fais face à ces questions là dans mon esprit.

1. Ce n'est pas la croix qui a tué Christ. C'est le péché. Lisons Marc 15. Jésus était mort, et Joseph d'Arimathée avait réclamé Son corps afin de l'inhumer. Notez la réaction de Pilate « Pilate s'étonna qu'il fut mort si tôt. » verset 44. Pourquoi Pilate était-il surpris? Parce qu'on n'avait jamais vu un homme mourir sur une croix en six heures. Impossible! La croix était un supplice qui exigeait habituellement de trois à sept jours d'agonie avant de mourir. C'était une mort lente, qui s'éternisait. Et voilà qu'un homme en mourait en l'espace de six heures. Pourquoi? « Aussi fit-il venir un centurion. » Il ne voulut pas croire Joseph d'Arimathée. Il appela le soldat et « lui demanda s'il était mort depuis longtemps. S'en étant assuré par le centenier, il donna le corps à Joseph. » Ce n'est pas la croix qui Le tua.

Dans Jean 19.31-34 nous avons une approche différente par les explications de cet apôtre. Souvenez-vous que les Juifs ne souhaitaient pas voir ces hommes pendus au bois jour et nuit. Et cela pour deux raisons. Il y avait une loi qui stipulait qu'ils ne devaient pas rester là, suspendus au bois jusqu'à la nuit. Ils devaient être mis à mort. Le lendemain serait jour de Sabbat, et en hommes pieux ils voulaient le garder comme il se doit. Normalement ce qui tue un homme crucifié, c'est la suffocation. Ce qui permet au supplicié de se maintenir en vie c'est qu'il se soulève en permanence en s'appuyant sur ses pieds. La seule manière de procéder pour que l'homme meure vite c'est de lui briser les jambes. C'est tout. Il ne peut plus se soulever et il meurt asphyxié. Ils firent donc cela aux deux voleurs avant de s'approcher de Jésus, mais il ne lui brisèrent pas les jambes puisqu'Il était déjà mort. Mais le soldat en fonction ne crut pas cela et c'est pourquoi il Le transperça de sa lance. De Son côté s'échappa séparément de l'eau et du sang, et ils furent alors convaincus. C'était un signe. C'était une façon de s'assurer de Sa mort. Nous avons donc deux preuves que ce n'est pas la croix qui le tua. Il est mort parce que Son coeur fut brisé.

2. Il est exact que le Christ a prédit sa résurrection. C'est vrai aussi qu'Il a donné de l'espoir au voleur qui était à Sa droite. Il est vrai qu'Il était Dieu quand Il était suspendu à la croix comme notre substitut et nous ne devrions jamais oublier le « knosis » mentionné dans Philippiens 2.6-7. Le mot « knosis » est Le terme Grec qui décrit le renoncement du Christ. Paul dit au verset 6 qu'Il était égal avec Dieu mais qu'il s'est dépouillé Lui-même. Cela signifie qu'Il abandonna l'usage de Sa divinité. D'une certaine manière Il renonça à l'autorité de sa propre existence. Bien sûr, en Christ était la vie, originale, non empruntée, sans origine. Il pouvait la déposer et il pouvait la reprendre mais par l'incarnation et à cause de ce principe du renoncement à Lui-même, Il renonça à cette autorité. Ceci signifie qu'Il était devenu totalement dépendant, même pour la résurrection.

Dans cette optique, s'Il avait dû se ressusciter Lui-même, il aurait été nécessaire qu'Il soit conscient. Cela implique donc, qu'Il n'aurait pas pu mourir. Ne me demandez pas ce qui est advenu de Sa conscience divine. Je n'en sais rien. Je Lui poserai cette question : « Qu'est-il advenu de ta conscience divine puisqu'elle ne pouvait pas mourir sur la croix? » Elle est immortelle. Je sais une chose c'est que c'est le Père qui l'a ressuscité. Regardez Actes 2.24, 32 « Dieu l'a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort. »

Nous ne savons pas ce qui s'est passé exactement, mais nous savons que c'est le Père qui L'a ressuscité. Comment Il l'a fait, ce n'est pas notre problème; Il a pu agir par le Saint-Esprit ou par les anges. Il a pu autoriser Christ à reprendre Ss vie divine, mais de toute façon c'est le Père qui est à l'origine de cette résurrection du Christ. Romains 6.4 : « Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père. »

Éphésiens 1.20 confirme ce fait. C'est du Père que Christ dépendait tout au long de Son ministère terrestre. « Je ne peux rien faire de moi-même. » C'était Son témoignage constant. Jean 5.19, 30. Dans Jean 6:57 il dit : « Je vis par le Père. » Jean 14:10 dit aussi : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres. » Nous avons un grand nombre de citations du Christ Lui-même mentionnant qu'Il était totalement dépendant du Père. Le Père Lui avait promis la résurrection et c'est pour cela qu'Il avait pu la prédire. Mais notez ce qui s'est passé à la croix. Matthieu 27 nous rappelle ce cri de Jésus : « Mon Père, man Père, pourquoi m'as-tu abandonné? » Le mot grec qui a été utilisé pour abandonné signifie un abandon définitif, éternel. Si la source de votre résurrection vous abandonne, alors votre espérance de ressusciter un jour s'en va également. C'est ce qui se passa à la croix. Le Père s'est séparé Lui-même de Son Fils. Pour autant que le Christ était concerné, Il ne pouvait plus compter sur le Père pour ressusciter puisque que Celui-ci s'était détourné de Lui. Cela tout au moins concernait ses sentiments, ses impressions. Mais nous savons que le Père ne l'avait pas abandonné même si Jésus ne pouvait plus le voir, que ce soit par ce qu'Il ressentait ou par tout autre moyen de communication à Sa disposition quand Il s'écria : Mon Père, mon Père, pourquoi m'as-tu abandonné? »

Jésus n'a pas entendu le moindre murmure d'en haut Lui disant, « Mon Fils, je ne t'ai pas abandonné. » Il n'y avait aucune réponse. En réalité il se trouvait enveloppé de ténèbres, et il ne put en voir d'autre que l'obscurité. La seule chose qu'Il pouvait encore faire c'était de se sauver Lui-même, indépendamment du Père. Il pouvait faire cela mais Il refusa. Ainsi Jésus accepta de connaître pleinement l'expérience que les incrédules connaîtront à la fin du millénium. La seule différence qu'il y a c'est que ceux qui mourront à la fin, après le millénium, n'auront pas de choix à faire car leur temps de probation sera terminé. Si, à ce moment là, on leur offrait le choix, ils ne choisiraient jamais de mourir. Nous le savons puisque leur volonté sera d'attaquer la Nouvelle Jérusalem pour sauver leurs vies.

Jésus avait le choix. Il pouvait descendre de la croix et Se sauver Lui-même. Il a choisi délibérément et volontairement de ne pas le faire simplement parce qu'Il nous a aimés plus qu'il ne s'est aimé Lui-même. C'est cet amour qui renonce à lui-même qui a été révélé à la croix. Cet amour agapé de Dieu est celui qui doit nous transformer vous et moi. Regardez Jean 12.32 : « Et moi » quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi. » Quand le monde verra que le Dieu que nous adorons est un Dieu qui renonce à Lui-même, un Dieu qui nous aime et qui accepte de payer le plein salaire du péché, quand nous présenterons un tel Christ, il y aura un réel attrait.

Personne ne devrait entrer dans une église par crainte. Ma femme et moi avons connu cela et sommes entrés dans cette Église par peur. Le jugement investigatif était présenté de telle sorte que je finissais par être dans la crainte si je ne rejoignais pas cette église. Je me suis joint au peuple qui garde les commandements de Dieu pour pouvoir affronter le jugement. Il me fallut plusieurs années, alors que j'étais dans le ministère, pour découvrir que c'était l'amour de Dieu qui devait me conduire a Lui. Si nous attirons les gens par la peur nous devrons les motiver par quelque récompense si nous souhaitons les voir travailler pour la cause de Dieu. Mais nous voulons que ce soit l'Amour de Dieu qui nous guide.

Lisons Jean 12.33-36 : « En parlant ainsi, Il indiquait de quelle mort il devait mourir (La mort de la croix - la mort qui est malédiction de Dieu). La foule lui répondit : « Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement; comment donc dis-tu il faut que le Fils de l'homme soit élevé? Oui est ce Fils de l'homme? Jésus leur dit : La lumière est encore pour un peut de temps au milieu de vous. Marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point : celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière. » Je ne peux pas expliquer toutes les ramifications mais il y a une chose que je sais : c'est que Jésus était disposé à mourir de cette mort sans espérance par amour pour moi.

Jean 13.31 dit : « Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit : Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. » Autrement dit, Jésus annonçait à Ses disciples qu'ils verraient la gloire de Dieu, c'est-à-dire l'amour qui renonce à lui-même. Verset 32 « Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt. » Et Dieu est heureux de cela.

Le diable ne peut désormais plus dire à Dieu : « Tu exiges de tes créatures un amour absolu, mais qu'en est-il de Toi, aimes-Tu tes créatures plus que Toi-même? » La loi dit que tu dois aimer Dieu de tout ton coeur et que tu dois aimer ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de place pour soi dans la Loi de Dieu. Et Satan dit à Dieu : « Aimes-tu tes créatures plus que Toi-même? » À la croix Dieu a répondu : « Oui, Je les aime plus que moi-même. » C'est à cause de cet amour que la mort des méchants à la fin des temps apparaît comme quelque chose d'étrange. Ma prière c'est que l'amour de Dieu nous contraigne. Vous sortirez du monde non pas parce que vous devez le faire, ni pour posséder quelque étoile sur votre couronne, mais pour rendre gloire à notre Seigneur Jésus-Christ.

Je prie afin que, tandis que nous contemplons Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié, nous puissions réagir comme le firent les disciples. Quand nous percevrons l'amour de Dieu qui mourut pour nous sur la croix, nous aussi nous aimerons notre prochain, nos frères aussi, comme le Christ nous aime. Ce sera la plus grande démonstration que Dieu pourra faire par Son Église -- l'amour de Dieu réfléchi par les croyants. Que Dieu nous aide à saisir cette vérité et à la réaliser dans nos vies.