Le Sanctuaire

Le Sanctuaire profané

Daniel 8.9-12

L'amour de Dieu est le fondement même de notre salut. C'est un clair enseignement du Nouveau Testament. Cela signifie qu'il est impossible de comprendre véritablement et complètement l'Évangile tant que nous ne possédons pas une connaissance correcte de l'amour de Dieu. Satan sait cela et c'est pourquoi la première chose contre laquelle il s'élève dans l'Église Chrétienne n'est pas le problème du Sabbat et du décret de mort, mais la définition de l'amour de Dieu.

Dans les deux derniers chapitres, qui préparèrent à l'exposé de celui-ci, nous avons vu que l'amour de Dieu est en complète contradiction avec l'amour produit par l'homme. Nous avons vu que cet amour humain était exprimé par les Grecs et tout spécialement par Platon avec la pensée éros, alors que l'amour de Dieu est décrit dans le Nouveau Testament comme étant agapé. Puis vint Augustin qui maria ces deux termes et produisit une synthèse avec le mot caritas. Ainsi, nous possédons maintenant trois idées sur le mot amour.

Notre compréhension de l'Évangile sera en relation directe avec notre façon de comprendre l'amour de Dieu. En d'autres termes, si nous projetons éros sur Dieu, nous croyons et nous enseignons un évangile éros. De même, si nous prenons parti pour caritas comme type de l'amour de Dieu, nous faisons la même chose avec l'Évangile.

Agapé correspond au renoncement à soi-même, il est spontané, inconditionnel, c'est l'amour que Dieu a pour nous. Éros, lui, possède une recherche de lui-même, c'est une sorte d'amour qui a besoin de croissance. L'homme part et s'élève à la recherche de Dieu. Et caritas est un mélange des deux, une partie vient de Dieu et une autre de vous-mêmes.

En prenant chacune de ces idées, nous pouvons voir que chacune produit son propre évangile. En d'autres mots, ayant aujourd'hui trois grands concepts d'amour dans le monde, nous avons aussi trois évangiles différents, et pourtant un seul est authentique. Nous allons regarder à chacun d'entre eux afin de voir les différences qui existent et comprendre combien il est nécessaire d'en rejeter deux.

Premièrement, souvenons-nous qu'éros est l'amour de l'homme pour Dieu. C'est une recherche de Dieu faite par l'homme afin d'obtenir le salut. La définition du salut par Aristote était la suivante : « Le salut crée le mouvement de l'homme vers Dieu pour être sauvé. » Platon dit ceci : « Dieu sauve seulement ceux qui lui sont sympathiques. » Cela signifie que Dieu ne sauve que les bons. C'est ici la base de toutes les religions païennes, légalistes et non chrétiennes.

En réalité le légalisme c'est l'évangile éros; vous devez être bons avant que Dieu vous sauve. L'évangile éros, c'est l'homme qui cherche Dieu pour être sauvé. Les Catholiques Romains veulent aller à Rome pour y recevoir des bénédictions particulières. Les Protestants aiment aller en Terre Sainte comme s'ils y trouvaient là des bénédictions spéciales. Les Musulmans vont à la Mecque pour devenir saints. Tous courent après Dieu, tâchant de recevoir quelque bénédiction de Lui. C'est la base de toute religion éros.

L'erreur commise par les Juifs c'est d'avoir compris l'amour de Dieu comme étant éros. C'est pourquoi le Judaïsme est devenu une religion légaliste et non pas la véritable croyance que Dieu aurait voulu qu'elle soit. En Jean 9.31 nous pouvons voir des preuves de ce que les Pharisiens disaient de Dieu et des hommes. « Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais, si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-ci qu'il honore. » Cela c'est l'évangile éros. Vous devez d'abord être bons, avant que Dieu puisse répondre à vos prières et avant qu'Il puisse vous sauver.

En Mathieu 19.16, notez la question que le jeune homme pose à Jésus. La question montre immédiatement que ce jeune homme vit un évangile éros et qu'il est victime du Judaïsme : « Et voici, un homme s'approcha et dit à Jésus : Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle? » C'est éros. Que dois-je faire de bon pour être sauvé? Et Jésus répondit : « Il n'y a personne de bon, seul Dieu. » En d'autres termes, tes idées sont fausses. Cet homme pensait être bon, et de ce fait il pensait pouvoir faire quelque chose de bon. Mais Jésus va à l'encontre de son idée et dit : « Si tu veux aller au ciel en faisant ce qui est bien, alors sache que l'étalon qui mesure ce qui est bon c'est la loi de Dieu. » Ce jeune homme gardait-il la loi? Il le pensait jusqu'à ce que Jésus le teste. Nous savons qu'il n'a pas réussi.

Dans Actes 15.1 Il y a une autre bonne illustration. L'apôtre Paul apporte l'Évangile aux populations d'Antioche. Il y a là des Judaïsants, des Juifs Chrétiens encore sous l'emprise du Judaïsme. C'est d'ailleurs de ce problème qu'on traita à la première Conférence Générale de l'Église Chrétienne quand les frères se placèrent du côté de Paul : « Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères en disant : Si vous n'êtes pas circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauves. » En d'autres termes, il vous faut d'abord être circoncis, et alors Dieu vous sauvera. Nous voyons au verset 2 que Paul et Barnabas ne sont pas d'accord. C'est la première grande controverse et ils ont là un long débat parce que Paul ne veut pas accepter leurs idées.

Un des textes préférés et des plus utilisés par Paul fut Habacuk 2.4 : « Voici, son âme s'est enflée, elle n'est pas droite en lui. » (ceci signifie que dans la mesure où il est dépendant de lui-même, il n'est pas droit); mais le juste vivra par la foi. C'est ce que le texte veut dire, mais les Hébreux pouvaient penser à quelque chose d'autre et les Juifs n'interprétaient pas ce passage à la manière de Paul. Ils disaient : « Le juste vivra par sa loyauté. » Cela signifie que, dans la mesure où vous serez loyal, Dieu vous sauvera. Mais le Nouveau Testament renverse cette position et dit : « Vous êtes sauvés par la loyauté de Dieu. »

Nous pouvons lire dans 1 Thessaloniciens 5.24 : « Celui qui vous a appelés est fidèle, et c'est lui qui le fera. » La loyauté est offerte par Dieu. Dans 2 Thessaloniciens 3.3 : « Le Seigneur est fidèle, il vous affermira et vous préservera du malin. » Remarquez que c'est Dieu qui est fidèle. Voyez aussi 2 Timothée 2.13 : « Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. » Cela signifie qu'il se peut que vous tombiez, mais Dieu ne peut pas tomber. Dieu est fidèle parce que son amour ne s'efface jamais. En Hébreux 10.23 : « Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. » Notez encore que la loyauté est de Dieu. Un autre texte en Apocalypse 19.11 : « Puis je vis le ciel ouvert, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait s'appelle Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice. » Le Nouveau Testament est clair en nous montrant que c'est sur la fidélité de Dieu seule que nous pouvons nous reposer.

En résumé, la religion éros est simplement ce que nous appelons « le légalisme ». C'est la base de toutes les religions païennes -- l'homme doit se sauver lui-même. Cette attitude a commencé d'exister dès le jardin d'Éden, au moment de la chute. Que fit Adam quand il se rendit compte qu'il était un pécheur et qu'il était nu? Il prit des feuilles de figuiers pour se couvrir. Si vous prenez des feuilles de figuiers, elles ne tarderont pas a sécher et vous ne pourrez plus vous cacher.

Puis vint le moment, après le déluge, où les hommes construisirent une tour qui puisse atteindre le ciel. Le nom de cette tour fut « Babel ». Actuellement nous interprétons le mot « Babel » comme signifiant confusion et il est vrai que cela signifie aussi confusion. Mais au Moyen Orient les gens ne traduisent pas « babel » par confusion. Ce mot est dérivé de deux autres mots, « bab » qui signifie « porte » et « El » qui veut dire « Dieu ». « Babel » veut simplement dire « la porte de Dieu ». La tour de Babel représente l'homme qui tente de s'élever jusqu'à la porte du ciel. C'est l'Évangile Éros. La religion éros représente l'homme qui court derrière Dieu dans le but d'être sauvé et de recevoir quelques bénédictions particulières. C'est la racine même du paganisme.

La notion caritas complique les choses. Étant une synthèse d'éros et d'agapé, son évangile sera aussi un mélange d'initiatives de Dieu et de l'homme. Autrement dit, l'homme doit faire sa part, et Dieu fera la sienne. Les Catholiques Romains pensent que l'homme doit premièrement se porter lui-même vers Dieu, se rendre disponible, avant que Dieu puisse le sauver. Les Galates avaient aussi compris les choses ainsi : « Nous sommes sauvés par la foi, et par les oeuvres. » C'est assez simple pour qu'on puisse y adhérer. Vous devez être circoncis et vous devez garder la loi pour être sauvés. Lisez Galates 3.3 : « Êtes-vous tellement dépourvus de sens? Après avoir commence par l'Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair? » D'une certaine manière cette idée laisse entendre que l'action de Dieu en Jésus-Christ n'est pas suffisante. Tout n'a pas été accompli et vous devez parfaire le travail par votre propre intervention. Dieu fera quelque chose et vous devez faire le reste. C'est un mélange de « Je » et « Christ ». J'ai très souvent entendu cela. Nous ne devons pas regarder aux Galates, pas plus qu'aux Catholiques Romains. Mais j'ai malheureusement souvent entendu dans nos églises : « Nous devons faire de notre mieux et Dieu fera le reste. »

Ainsi donc l'évangile « caritas » est en partie de Dieu et en partie de l'homme. Sommes-nous sauvés par la foi seule ou sommes-nous sauvés par la foi et par les oeuvres? Ni l'un ni l'autre. Nous sommes sauvés par une foi qui oeuvre par elle-même. Le salut réside dans l'Évangile agapé, parce que l'amour de Dieu est inconditionnel; cet amour est sans limite. L'amour de Dieu Le pousse à rechercher l'homme, non pour le punir mais pour le sauver. C'est pourquoi le salut selon l'Évangile de l'agapé est un don de Dieu; un don non pour les bonnes gens, ni pour ceux qui tentent d'être bons, mais un don de Dieu pour tous les pécheurs. C'est ainsi que le Nouveau Testament le présente : « Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique. »

En Romains 5.6-10 Paul nous décrit l'amour de Dieu en relation avec notre salut. Dans ce texte nous découvrons que Dieu nous sauve malgré quatre points négatifs :
  1. Quoique nous étions sans force (verset 6)
  2. Quoique nous étions impies (verset 6)
  3. Quoique nous étions pécheurs (verset 8)
  4. Quoique nous étions ses ennemis (verset 10), Dieu nous a réconciliés par la mort de Son Fils.
« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » Cela c'est l'Évangile de l'agapé. Éphésiens 2.4-6 « Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand agapé dont il nous a agapé (c'est le mat utilisé par Paul), nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c'est par grâce que vous êtes sauvés); il nous a ressuscités ensemble (verset 6), et nous a fait asseoir ensemble (verset 6) dons les lieux célestes, en Jésus-Christ. Alors que nous étions encore pécheurs, Dieu nous a sauvés.

Voici un autre texte qu'il est bon d'utiliser contre le diable quand il essaie de vous décourager, 1 Timothée 1.15. Le diable viendra souvent vers vous pour vous dire : « Tu n'es pas assez bon pour être sauvé. » Et c'est vrai, pas un n'est assez bon pour être sauvé : « C'est une parole certaine et entièrement digne d'être reçue (ce n'est pas seulement vrai, cela doit être accepté), que Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs (en fait Paul n'a pas utilisé ici le temps passé mais le présent), dont je suis le premier. » Paul place ses espérances de salut, non dans les réalisations de sa vie d'apôtre, mais dans l'amour de Dieu et dans Son action salvatrice en Jésus-Christ.

Un texte encore : Tite 3. C'est en fait très clair tout au long du Nouveau Testament. Dans Tite 3.2-3 l'apôtre Paul nous donne un avertissement : « Rappelle-leur... de ne médire de personne (pas de bavardage), d'être pacifiques, modérés (pas de visite à la taverne Ichabod), pleins de douceur envers tous les hommes. Car nous aussi, nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de convoitises et de voluptés, vivant dans la méchanceté et dans l'envie, dignes d'être haïs, et nous haïssant les uns les autres (cela c'est ce que nous étions). Mais, lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et Son amour pour les hommes ont été manifestés (êtes-vous persuadés de cela? Nous étions malheureux et de misérables pécheurs, mais l'amour de Dieu s'est manifesté), il nous a sauvés, non à cause des oeuvres de justice que nous aurions faites (Dieu n'est pas venu à nous parce que nous avions fait quelque chose de bien), mais selon sa miséricorde... » Cela c'est l'Évangile agapé. Autrement dit, l'évangile éros ou salut par les oeuvres reste « un bon conseil ». L'évangile éros, le salut par la foi et par les oeuvres, reste « une bonne nouvelle conditionnelle ». L'Évangile agapé demeure une bonne nouvelle inconditionnelle.

Il y a des différences auxquelles nous devons faire face entre éros et agapé. Qu'est-ce qui se manifeste en premier, le pardon ou la repentance? Si vous dites que la repentance précède le pardon vous annoncez un évangile caritas. « Vous dites : Repens-toi d'abord et Dieu te pardonnera. » La Bible par contre nous dit que c'est la bonté de Dieu qui nous pousse à la repentance. Je me repens parce que Dieu m'a déjà donné Son Fils Jésus-Christ et non pas parce que je veux être pardonné. Qu'est-ce qui vient en premier, la justification ou la foi? Paul nous le dit en Romains 5.18 : « Par un seul acte de justice, la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes. » Légalement, tous les hommes sont aujourd'hui justifiés devant Dieu. La foi rendra cela effectif. Dieu ne me justifie pas parce que je crois; et ma foi ne m'apporte pas la justification. Ma foi rend simplement effectif (laisse vivre) quelque chose qui est déjà là. Nous devons être clair sur l'évangile que nous allons prêcher. Tant que nous ferons de l'évangile une bonne nouvelle conditionnelle, nous ne donnerons que de bons conseils.

Une publication de la Revue Adventiste fait part de « la dérive des dirigeants ». L'auteur disait : « J'ai voyagé dans une bonne partie de l'Amérique du nord, et partout où je suis allé les gens m'ont fait la même demande. Sil vous plaît, demandez à vos pasteurs de prêcher à partir de leur Bible, nous sommes fatigués des exhortations. Nous voulons être nourris de la Parole de Dieu. » Ces gens ont besoin de bonnes nouvelles. Et ces bonnes nouvelles sont dans l'Évangile agapé.

La question qui se pose est celle-ci : « Qu'est-ce que tout cela a à voir avec la profanation du sanctuaire? » S'il vous plait, retournons au chapitre 8 de Daniel. Je vous rappelle que le texte qui a été à l'origine de la création du mouvement Adventiste est le verset 14. En tant qu'Église nous avons été mis sur la sellette à cause de notre interprétation de Daniel 8.14; ceci, au départ, par des érudits non-Adventistes, puis plus récemment par certains de nos propres théologiens, y compris par l'homme qui a écrit les commentaires du livre de Daniel dans le Seventh-Day Adventist Bible Commentary.

Un des principaux arguments utilisés contre notre interprétation c'est qu'elle serait faite en dehors de son contexte. Daniel 8.9-12 est le contexte de ce passage qui est aussi extrêmement important. Et qu'est-ce que ce contexte nous dit? Simplement que « la petite corne » a profané le sanctuaire de Dieu, a jeté a terre la vérité du sanctuaire et a prospéré. Nous savons déjà que le sanctuaire est une parabole exemplaire pour nous décrire le plan du salut. Autrement dit le sanctuaire de Dieu est un type de l'Évangile. Depuis que la petite corne a pénétré la dispensation du Nouveau Testament, ce passage signifie simplement qu'elle a jeté l'Évangile à terre et qu'elle a prospéré.

La question du verset 13 est de savoir pour combien de temps vous allez permettre à la vérité du sanctuaire d'être jetée à terre et d'être foulée aux pieds? Et la réponse se trouve an verset 14. En d'autres mots, l'évangile éros a été défini par la papauté, grâce à Augustin qui propose son mélange de « moi et christ »; l'homme devant faire le premier pas vers Dieu avant que Dieu ne le sauve, cet évangile s'est glissé dans l'Église Chrétienne. Et pas seulement dans l'Église Catholique, mais aussi chez les Évangéliques qui se targuent de la prédication de l'Évangile. Ils annoncent une bonne nouvelle conditionnelle. Par exemple, nombre d'entre eux utilisent l'idée « en Christ » uniquement pour les croyants. Cela veut dire que vous devez premièrement croire avant que Dieu puisse vous placer en Christ.

Mais la Bible n'enseigne pas cela! Dieu a placé tous les hommes en Jésus-Christ avant que ceux-ci ne croient. La foi rend simplement cela effectif. La foi ne justifie personne. Nous sommes déjà justifiés en Christ et la foi concrétise cela. L'évangile éros a dominé dans l'Église Chrétienne d'où la question : « Comment Dieu va-t-Il purifier le sanctuaire? » Pour ma part je crois que Dieu Se servira du Mouvement Adventiste pour cela.

Pour commencer nous avons en Apocalypse 10.7 une description du grand désappointement qui résulte de ce passage de Daniel 8:14. Le livre fut doux dans la bouche et amer dans le ventre. Après ce moment-là Dieu a donné un ordre à ceux qui étaient désappointés. « Il faut que tu prophétises de nouveau sur beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois. » Ce mot « prophétiser » signifle « proclamer ». Tu dois encore annoncer le message des trois anges qui est l'Évangile Éternel. C'est pourquoi le Diable fait tout son possible pour empêcher ce mouvement d'arriver à son but. Et nous devons reconnaître qu'il a eu du succès. Nous en sommes encore à nous demander : Quel est le vrai Évangile?

Cela me conduit vers Ellen White. A-t-elle prêché l'évangile caritas? Elle parle de nous comme d'une barque à deux rames. Avez-vous lu cette citation? Aller au ciel c'est comme aller sur une embarcation à deux rames. L'une étant la foi et l'autre les oeuvres. Si vous ne vous servez que d'une rame, vous tournez en rond et si vous ne vous servez que de l'autre vous tournez aussi en rond mais clans l'autre sens. L'une et l'autre des solutions sont fausses, c'est la foi qui oeuvre qui nous conduit au ciel. Souvenez-vous de ce que nous avons vu dans l'idée en Christ et dans la doctrine de la justification par la foi. Dans le Nouveau Testament, le salut est décrit en deux phases. « Vous en Christ » qui est entièrement l'oeuvre de Dieu et qui est donc quelque chose de méritoire, sans qu'il n'y ait contribution de l'homme et « Christ en vous » qui implique une coopération humaine. Soeur White voit La même chose. Ce qu'il faut c'est savoir si elle parle du salut ou de la vie chrétienne? Dans la vie chrétienne il y a coopération avec Dieu, mais pour ce qui est du salut c'est un don.

C'était le sujet même de 1888. Ellen White n'a pas pris position pour Smith et Buttler. Elle a soutenu Waggoner et Jones et la vérité de l'Évangile agapé. Deux ans plus tard elle tenta de faire comprendre aux pasteurs L'aboutissement de La justification par La foi. Ce premier sermon qu'elle fit nous est maintenant rapporté dans le livre « La foi et les oeuvres » et non « La foi plus les oeuvres. » Ellen White y clarifie les choses. C'est la justification par la foi. Il y a deux choses qu'elle condamne dans ce livre, c'est « la justification à bon marché » et l'évangile caritas.

Voici trois citations, la première se trouve à la page 18. « Plusieurs fois il m'a été présenté le danger de nourrir, en tant que peuple, des idées fausses sur la justification par la foi. Longtemps, il m'a été montré que Satan travaillerait d'une manière spéciale dans le but de confondre les esprits sur ce point. La loi de Dieu a été amplement traitée et présentée à l'assemblée presque autant dépourvue de connaissance sur Jésus-Christ et Sa relation avec la loi que Caïn avec son offrande. Il m'a été montré que beaucoup n'ont pas eu accès à la foi à cause des idées confuses et embrouillées au sujet du salut. » Cela c'est l'évangile éros. Elle n'a pas utilisé ce terme précis parce qu'elle n'était pas théologienne, mais ce qui est important c'est qu'elle a condamné le concept.

Voici une autre citation : « Il n'y a pas de point qui mérite d'être précisé avec autant de force et d'être fréquemment répété ou gravé avec plus de solidité dans l'esprit de tous, que l'impossibilité pour l'homme déchu de mériter quoi que ce soit par ses propres oeuvres, aussi bonnes qu'elles puissent être. Le salut s'obtient uniquement par la foi en Jésus-Christ. » Cela c'est Ellen White.

Une troisième citation : « Qu'il soit bien clair et manifeste, qu'il est impossible à la créature, par le moyen de ses propres mérites, de faire quoi que ce soit dans le but d'améliorer sa position devant Dieu. Pas plus qu'il n'est possible de modifier le don de Dieu pour nous par quelques valeurs qui seraient propres à l'être créé. Si la foi et les oeuvres pouvaient acheter le don du salut, alors le Créateur serait l'oblige de la créature. Sur ce point, l'erreur aurait l'opportunité d'être acceptée comme vérité. » Elle veut dire par là que l'évangile éros pourrait être accepté comme étant l'Évangile agapé. « Si un homme peut mériter le salut par ses propres moyens, alors II est dans la même position que le Catholique qui accomplit une pénitence pour ses péchés. Le salut dans ce cas est en partie une dette (Ce que Dieu nous doit) qui peut nous être payée comme un salaire. Si l'homme ne peut, par aucune de ses bonnes oeuvres, mériter le salut, alors cela ne peut être qu'entièrement (cent pour cent) par grâce, reçu par l'homme pécheur parce qu'il accepte et croit en Jésus. C'est un don absolument gratuit. La justification par La foi est au-dessus de toutes les controverses. Et toute cette controverse (celle qni se passait a l'époque des faits) prend fin des qu'on avance ce fait que les mérites obtenus par les bonnes oeuvres de l'homme déchu ne peuvent jamais ni procurer la vie éternelle. » C'est la définition de l'Évangile par Ellen White.

Il y a deux problèmes:

1. La grosse majorité des écrits d'Ellen White traitent de la vie chrétienne et les personnes qui lisent ce qu'elle dit à ce sujet y calquent leurs idées éros et laissent ainsi croire que nous aurions quelque chose a faire pour être sauvés. S'il vous plait soyez prudents et posez-vous La question : « De quoi traite-t-elle? Du salut ou de la vie chrétienne? » La vie chrétienne parle aussi du salut. Mais de quel sorte de saint? Du saint vu sur Le plan de ce que Dieu est en train de réaliser en moi, ce qui n'est pas une contribution mais un témoignage de concrétisation de ce que Dieu a déjà réalisé, ou bien parle-t-elle de ce qui me concerne pour le ciel? Il n'y a pas de mérite humain ici. Elle décrit la justice de Christ comme « un tissage céleste dans lequel on ne peut trouver aucun fil de conception humaine. » C'est bien sa définition du salut.

2. L'autre problème que l'on rencontre ce sont les compilations. Quand vous lisez des compilations vous n'avez pas la possibilité de connaître le contexte, et vous pouvez faire dire à Ellen White ce que vous vouliez à travers les compilations. Quelqu'un est venu me voir. Il y a quelques temps et cette personne a tenté de me convaincre, avec un livre d'Ellen White, qu'elle était en contradiction avec La Bible. Chacune des citations et chacun des textes bibliques étaient sortis de leurs contextes. Vous pouvez ni faire dire ce que vous voulez. Il y a deux positions extrêmes que nous devrions éviter. Je voudrais dire les choses clairement. Quand je dis que je n'utilise pas ses écrits du haut de La chaire je ne dis pas que je ne crois pas en elle, on que je ne respecte pas son autorité et l'origine de ses inspirations. Je pense que nous devons utiliser ses écrits intelligemment. Et je dois expliquer ce que je pense quand je parle d'usage abusif.

1. Quand nous utilisons l'esprit de prophétie pour prouver ou défendre notre vérité plutôt que d'utiliser notre Bible, nous faisons de ses écrits la règle qui mesure et qui tranche et cela c'est faire un usage abusif de son travail.

2. Lorsqu'une vérité est présentée avec la Bible et que vous venez me voir en disant : « Je n'accepterai cela qu'à partir du moment où vous me le prouvez par les écrits d'Ellen White », vous faites d'elle l'autorité suprême et définitive et cela c'est faire un usage abusif de ses inspirations. Elle serait contre cette manière d'agir.

3. Quand l'idée maîtresse de notre message et notre témoignage sont issus d'Ellen White plutôt que de la Parole de Dieu nous La substituons, consciemment ou non à la Bible. Cela c'est faire d'elle un usage abusif.

Ellen White a fait cette déclaration: « Mes écrits sont une petite lumière qui conduisent vers une lumière plus importante. » qui est dans la Bible. Si nous oublions ce but, nous échouons dans notre réflexion. Nous sommes alors coupables d'engendrer une formidable injustice, à la fois par rapport à l'Église mais aussi à Ellen White elle-même; et nous méritons vraiment alors d'être taxé d'idolâtrie. Nous devons défendre notre message par la Parole de Dieu seule. C'est la norme; mais nous sommes aussi invités à nous référer à elle pour comprendre cette Parole de Dieu. Ellen White n'enseigne jamais que nous sommes sauvés par la foi et par les oeuvres, mais elle dira toujours que nous sommes sauvés par une foi qui travaille. C'est son enseignement et c'est aussi l'enseignement de l'Évangile agapé.

Étudions bien deux textes, Éphésiens 2.8-10. Les versets 8 et 9 disent que nous sommes sauvés par grâce, c'est un don sans les oeuvres. Mais, le verset 10 dit que Dieu nous a créés en Jésus-Christ pour de bonnes oeuvres. En tant que croyants nous sommes appelés aujourd'hui à marcher ainsi. Regardez aussi Tite 3.5 : « Nous sommes sauvés, non par les oeuvres de justice que nous aurions faites, mais par grâce. » Et le verset 8 nous dira : « afin que ceux qui ont cru en Dieu s'appliquent à pratiquer de bonnes oeuvres. »

Nous sommes invités à présenter un Évangile véritable. Le salut est un don de Dieu pour les pécheurs. Son fruit est la sainteté de vie. Nous ne devons jamais ajouter nos propres réalisations au salut qui nous est offert. Au moment où nous faisons cela nous ne faisons plus de l'Évangile une bonne nouvelle inconditionnelle mais nous le transformons en bonne nouvelle sons conditions. Et pace que nous ne pouvons pas satisfaire ces conditions nous nous décourageons et nous laissons tomber. Je remercie Dieu de ce qu'Il n'a pas attendu que je devienne bon pour me sauver, mais de ce qu'étant encore un misérable pécheur Il est venu vers moi et m'a dit : « Jack, je t'ai déjà réconcilié avec moi par la mort de Mon Fils. Acceptes-tu ce don? » Que cela puisse aussi être votre cas. Et que l'Éternel nous bénisse en annonçant un véritable Évangile, qu'Il nous permette de le restaurer et de le manifester à un monde qui meurt.