LE SAINT-ESPRIT

CHAPITRE 4

L'ESPRIT
DANS LE CROYANT

Dans ce chapitre, nous traiterons de l'oeuvre du Saint-Esprit qui consiste à réaliser dans notre expérience ce qui est déjà nôtre en Jésus-Christ. Il a pour tâche de reproduire la vie de Jésus-Christ en nous et à travers nous afin que le monde puisse voir Christ en nous et réaliser que l'Évangile est la puissance de Dieu pour le salut.

Nous apprenons comment Il le fait alors que nous marchons dans l'Esprit. C'est ici que se situe la différence entre le salut en Jésus-Christ et la vie chrétienne. Le salut est entièrement l'oeuvre de Dieu sans aucune contribution de notre part. Tout ce que nous pouvons faire, c'est simplement lever nos mains et dire : « Merci mon Dieu pour ce merveilleux don du salut. » Mais quand il s'agit de vie chrétienne, cela implique notre coopération. Cela ne se passe pas automatiquement.

Il existe de merveilleuses machines à faire du pain qui le font automatiquement. Tout ce que vous avez à faire, c'est d'y mettre les ingrédients et de presser le bouton « marche ». Un ordinateur exécute le tout automatiquement. Mais cela ne fonctionne pas avec l'Esprit. Nous ne pouvons pas simplement presser un bouton et dire : « Saint-Esprit, fais Ton travail ». En ce qui concerne la vie chrétienne, Dieu nous a créés pour travailler avec Lui, pour être Ses partenaires dans le plan du salut. Quand nous parlons du salut, nous en parlons comme d'un don gratuit. Quand nous parlons de la vie chrétienne, cela implique notre coopération. Mais la vie chrétienne n'est pas l'Évangile; elle est le fruit de l'Évangile et nous ne devons pas confondre les deux.

Pour comprendre ce que signifie marcher dans l'Esprit, nous devons d'abord expliquer clairement qu'un chrétien peut marcher non pas seulement d'une façon, mais de deux façons parce qu'en acceptant Christ, aucun changement ne se produit dans notre nature humaine. Elle demeure exactement la même qu'avant notre conversion. Mais par l'expérience de la nouvelle naissance, nous sommes devenus participants de la nature divine et il devient ainsi possible pour des chrétiens nés de nouveau de marcher selon la chair ou selon l'Esprit. La Bible parle d'un chrétien charnel, comme d'un chrétien qui marche selon la chair. Le mot charnel n'est jamais utilisé pour décrire un incroyant dans le Nouveau Testament. C'est plutôt le mot « naturel » qui est utilisé.

Nous trouvons trois sortes de personnes dans la Bible. L'homme naturel, qui est l'incroyant, le chrétien charnel et le chrétien spirituel, qui sont tous deux des chrétiens nés de nouveau mais qui marchent dans deux voies différentes la voie de la chair ou la voie de l'Esprit.

Pour répondre à la question à savoir ce que cela signifie de marcher selon la chair ou de marcher selon l'Esprit, nous examinerons ce que Dieu a conçu comme devant avoir lieu dans la vie du croyant. Dans Romains 8.3, nous voyons que la bonne nouvelle de l'Évangile est que Jésus a condamné la loi du péché sur la croix mais la raison pour laquelle Il l'a fait se trouve au verset 4 : « afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, (il y a cependant une condition) qui marchons, non selon la chair, mais selon l'Esprit. » Nous n'accomplissons pas la loi en canalisant la puissance de notre volonté et en nous promettant d'être bons. Nous expérimentons la justice de Christ en marchant selon l'Esprit. C'est Son travail de reproduire en nous le caractère de Christ; ce n'est pas notre travail. Mais notre part dans la vie chrétienne est de marcher selon l'Esprit. Maintenant nous n'avons pas encore répondu à la question : « Que signifie marcher selon la chair et marcher selon l'Esprit? »

Premièrement, nous devons savoir ce qu'est la chair. Quand la Bible emploie le mot « chair » dans le Nouveau Testament, elle fait surtout référence à la nature de l'homme telle qu'elle est dans sa condition déchue. Le mot « chair » n'a jamais été utilisé pour Adam avant la chute. À quoi ressemble la nature humaine déchue? Quand Dieu a créé Adam et Ève, Il a placé dans leur nature humaine certains désirs l'appétit, la sexualité, les sentiments ce sont toutes des choses qui ont été données par Dieu. Mais quand Adam a péché, quelque chose s'est passé. Avant de pécher, ces désirs étaient contrôlés par l'amour que Dieu avait enchâssé dans la nature d'Adam. L'amour le contrôlait de sorte qu'aucun de ces désirs ne pouvait mal tourner; ils étaient tous sous contrôle. Mais dès l'instant où Adam pécha, l'amour disparut et l'égoïsme prit sa place. Son amour non égoïste fit demi-tour en direction du moi et ces désirs naturels que Dieu avait créés devinrent des convoitises. Ils échappèrent à son contrôle. Aussi marcher selon l'Esprit signifie simplement permettre à ces désirs non contrôlés de tomber sous le contrôle du Saint-Esprit.

Un chrétien qui est dominé ou contrôlé par sa nature, par ses sentiments, par ses différents désirs, marche selon la chair. Le Nouveau Testament classe ces désirs en trois catégories. On les trouve dans 1 Jean 2. Ce sont les trois motivations fondamentales qui contrôlent le chrétien charnel et qui contrôlent également l'homme naturel. Mais la différence est que l'homme naturel n'a pas en lui l'Esprit alors que le chrétien charnel a l'Esprit qui habite en lui. C'est pourquoi il devrait marcher d'une manière différente.

1 Jean 2.15 dit : « N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui ». Cela signifie qu'il ne démontre pas l'amour de Dieu. Au verset 16, il explique ce qu'il signifie par l'amour du monde : « car tout ce qui est dans le monde (ce sont les trois motivations fondamentales), la convoitise de la chair (ces désirs intérieurs), la convoitise des yeux ». Ce que nous voyons, nous le voulons, c'est pourquoi je déteste faire du lèche-vitrine. Même regarder des catalogues suscite en moi des désirs de vouloir quelque chose que je ne connaissais pas auparavant. Il y a aussi l'orgueil de la vie. La nature humaine essaie toujours de s'élever que ce soit économiquement, politiquement ou académiquement nous essayons toujours de nous élever pour être le numéro un.

Si nous marchons selon la chair, nous permettons à la convoitise de la chair, à la convoitise des yeux et à l'orgueil de la vie de nous contrôler de sorte que lorsque les gens nous regardent, ils ne peuvent voir Christ en nous. Ils nous voient comme si nous n'étions pas différents des gens qui sont inconvertis. C'était le problème des chrétiens de Corinthe. Paul nous montre dans 1 Corinthiens qu'un chrétien charnel est un chrétien né de nouveau mais qu'il est une disgrâce pour Jésus-Christ.

Paul a écrit cette lettre aux Corinthiens à peu près dix ans après qu'il les ait convertis. C'est lui qui avait évangélisé l'église de Corinthe. Il écrit donc cette lettre dix ans plus tard et il les réprimande (voir le chapitre 3 ). Notez d'abord 1 Corinthiens 3.16. Il parle à des chrétiens régénérés, nés de nouveau. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous? »

Dans 1 Corinthiens 3.1-3, nous voyons quel était le problème de ces chrétiens nés de nouveau : « Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels (remarquez les deux groupes et la manière dont il définit le mot 'charnel'), comme à des bébés en Christ. » Ce sont des chrétiens nés de nouveau mais ce sont des bébés en Christ. Il n'y avait pas de problème au verset 1, parce que Paul parlait du temps où il vint pour la première fois à Corinthe. « Moi, frères, je ne pouvais vous parler. Quand je suis en premier venu vers vous, j'ai dû vous traiter comme des bébés en Christ. »

Le problème est au verset 2 : « Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter; et vous ne le pouvez pas, même à présent ». C'est une chose de changer des couches de bébé à l'âge de trois mois; c'en est une autre de les changer à l'âge de dix ans. C'est là que se trouvait le problème. Il n'y avait pas de croissance spirituelle dans l'église de Corinthe. Ils pouvaient avoir grandi en nombre, mais ils étaient encore charnels spirituellement.

L'évidence de cette attitude charnelle se constate au verset 3 : « ... parce que vous êtes encore charnels. En effet, puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme? » En d'autres termes, le comportement d'un chrétien charnel n'est pas différent du comportement de l'homme naturel : l'envie, la division, les luttes, les lettres anonymes de bêtises. C'est l'attitude charnelle; ce n'est pas le christianisme parce que la Bible dit que si vous êtes en désaccord avec quelqu'un, allez le voir. Il nous faut être capable de nous regarder en face et de dire : « Pouvons-nous nous discuter? Je suis en désaccord avec ce que cette église a fait. » Il nous faut apprendre à nous asseoir et à discuter.

Quand la chair domine, il n'y a pas d'unité dans l'église. Il y a de la division et des luttes, et le nom de Jésus-Christ est déshonoré. Peu importe à quel point nous possédons la vérité, si nous marchons selon la chair, nous ne sommes plus attrayants pour les gens de l'extérieur. Il n'y a rien qu'ils désirent obtenir de nous. Le jour où nous aurons appris à marcher selon l'Esprit, il y aura de l'amour, il y aura de l'unité. Il se peut que nous ne soyons pas d'accord en toutes choses, mais nous nous assoirons comme des chrétiens, nous parlerons ensemble et en discuterons car ce n'est pas une théorie qui convaincra le monde mais une démonstration tangible.

Un fameux philosophe païen, fils d'un pasteur luthérien, devint athée et fit cette déclaration : « Si vous chrétiens vous attendez à ce que je croie en votre Rédempteur, il faudra que vous ayez l'air beaucoup plus rachetés ». Quand il vit que certains des meilleurs théologiens d'Allemagne donnèrent la permission à Hitler d'anéantir les Juifs, il dit : « Ce n'est pas du christianisme. Je ne veux rien de tel. » Quand il y a de la calomnie, des luttes et de la jalousie au milieu de nous, alors nous ne formons plus un seul corps, nous sommes divisés. L'Église est un corps, mais nous ne pouvons pas produire l'unité par des programmes de promotion. Il nous faut marcher selon l'Esprit.

Marcher selon l'Esprit signifie permettre au Saint-Esprit de nous contrôler. Pour y arriver, nous avons besoin de comprendre de quoi est constitué l'homme et comment Dieu oeuvre en nous. Il est important que nous sachions comment nous avons été faits par Dieu et comment nous devons fonctionner. Un mécanicien ne peut pas réparer une automobile à moins de savoir comment elle fonctionne. Un médecin ne peut pas nous guérir à moins de savoir comment fonctionne le corps humain. Un psychiatre ne peut pas nous aider à moins qu'il ne sache comment agit l'esprit humain. De même, nous ne pouvons pas marcher selon l'Esprit à moins que nous ne sachions comment nous sommes constitués et comment nous fonctionnons.

Dans 1 Thessaloniciens 5.23, Paul nous dit quel est l'objectif de Dieu et ce qu'il implique : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers (complètement, entièrement), et je prie Dieu (maintenant il explique ce qu'il veut dire par 'tout entiers') que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ! »

L'homme, en tant qu'être spirituel, est formé de trois éléments : l'esprit, l'âme et le corps. Comme nous l'avons dit plus tôt, ces trois éléments ressemblent beaucoup au sanctuaire. Le sanctuaire révélait comment Dieu nous rachèterait dans l'humanité de Christ. Dans Jean 1.14, nous lisons : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous. »

Dans Hébreux 10.5, nous lisons que Dieu donna à Christ un corps dans lequel Il accomplirait le dessein de Dieu, c'est-à-dire notre salut. Tout comme nous sommes formés de trois éléments, tel était le sanctuaire. Il avait une cour qui était ouverte à la vue de tous et où ils pouvaient marcher. Il avait un lieu saint où le prêtre exerçait un service quotidien et recevait des instructions de Dieu par l'Urim et le Thummim. Il avait le lieu très saint qui était la demeure du Très-Haut.

L'esprit de l'homme est l'endroit où Dieu habite. Le Saint-Esprit habite dans notre esprit. La pensée, l'âme, le siège de la volonté sont comme le lieu saint où nous recevons les instructions et prenons des décisions. Le corps est comme la cour, visible pour tous. Il n'y a pas de porte arrière dans le lieu très saint. Dieu ne pouvait pas entrer dans la cour par le prêtre ni est-ce qu'il pouvait entrer dans la cour par la porte arrière. Il fallait qu'Il passe par le lieu très saint de l'esprit puis par le lieu saint qui représente la volonté humaine.

Pour comprendre les trois parties de l'homme, nous regarderons d'abord Zacharie 12.1 qui dit que Dieu a formé l'esprit dans l'homme. C'est Dieu qui a créé l'esprit. C'est ce qui nous rend différents des animaux. Les animaux ont une âme et ils ont un corps mais les êtres humains ont quelque chose de plus. Nous ne sommes pas seulement des êtres physiques et sociaux, nous sommes aussi des êtres spirituels. Nous avons un esprit. C'est pourquoi, même dans les sociétés les plus primitives, les anthropologues ont découvert que l'homme essaie toujours d'adorer quelque chose. Ce peut être une pierre ou une statue quelconque, mais il adore toujours quelque chose. Même au sein de l'humanisme et du communisme, il existe un culte, mais dans ce cas-ci, c'est le culte de soi.

Dans 2 Corinthiens 2.11, Paul dit : « Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu. ». L'homme sait ce qui est en lui et Dieu le sait. C'est pourquoi Paul dit encore dans ce passage que nous pouvons comprendre la pensée de Dieu seulement quand le Saint-Esprit nous guide dans toute la vérité, Lui qui connaît ce qui est de Dieu.

Cet esprit dans l'homme ne doit pas être confondu avec le Saint-Esprit. Romains 8.16 nous en parle. Le mot « esprit » apparaît à deux reprises dans ce verset : « L'Esprit (E majuscule le Saint-Esprit Lui-même) rend témoignage à notre esprit (l'esprit humain) que nous sommes enfants de Dieu. » L'esprit humain, c'est d'abord notre conscience. C'est dans notre esprit que le Saint-Esprit nous convainc de ce qui est bien, de ce qui est mal, de la voie à suivre, de la vérité, de l'erreur. Il le fait dans notre conscience.

L'âme est un mot qui se réfère au principe de vie qui est dans l'homme et qui fait de nous ce que nous sommes. C'est pourquoi le mot « âme » est souvent traduit dans le Nouveau Testament par le mot « personne ». Par exemple, dans Actes 2.41, il est dit que 3 000 personnes se sont ajoutées à l'Église. Le mot grec correspond à « âme ». On trouve la même chose dans Actes 7.14. Dans Romains 13.1, Paul dit aux chrétiens : « Que chaque âme soit soumise aux autorités supérieures. » Le mot « âme » signifie ici que chaque personne abandonne sa volonté pour faire ce qui est bien, tel que stipulé par le gouvernement. Payez vos impôts; obéissez aux limites de vitesse, etc. Dans Marc 14.34, Jésus a dit : « Mon âme est excessivement triste. » Il voulait simplement dire : « Je suis très peiné », où le mot « âme » est traduit par le pronom personnel.

Étudions maintenant le corps. C'est l'instrument qui accomplit ce que la volonté décide. Le corps est l'instrument qui exprime les décisions de la volonté. Ce que nous décidons, le corps l'accomplit. Ainsi, si mon esprit dit « Je veux une glace à la vanille! », l'esprit dira au corps : « Va au réfrigérateur et prends-la. » Et mon corps répond : « Oui, monsieur. » Mais je ne peux pas blâmer le corps; le corps est esclave de la volonté. Il fait ce que la volonté lui dit; c'est un instrument. L'appareil à faire du pain que je possède est aussi mon esclave. Je presse le bouton et je décide si je veux du pain français ou du pain de blé entier, puis je presse un autre bouton pour décider de la mise en marche. Je dispose aussi d'un bouton pour décider du moment où je veux que le pain soit prêt. Ainsi, si je désire me lever à six heures du matin et sentir cet arôme de pain frais sorti du four, je presse un bouton et fixe l'heure désirée. Ainsi, ce que la volonté décide, le corps l'exécute.

Le problème est que si nous essayons de mener la vie chrétienne en utilisant simplement notre volonté, nous vivrons l'expérience de Romains 7 et nous dirons : « J'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. » C'est parce que dans l'homme pécheur, la chair est plus forte que la volonté. Romains 7 nous dit que dans notre corps humain, dans notre nature humaine, dans nos membres, nous avons une loi que le texte appelle « la loi du péché qui est dans mes membres », mais la volonté humaine n'est pas une loi. C'est une force oui, mais pas une loi. Le mot « loi » signifie une force constante, incessante. L'esprit est une force mais il est changeant, il fluctue. Je peux avoir une volonté forte aujourd'hui et être faible demain; je peux choisir une chose aujourd'hui et une autre chose demain. L'esprit est changeant, parfois faible, d'autres fois fort.

En utilisant notre volonté, il est possible de défier la loi du péché, mais jamais d'en triompher. Il y a des moments où nous pouvons garder la chair sous contrôle pendant un certain temps. Mais jamais en permanence. C'est notre problème et dès que nous essayons de vivre chrétiennement par la puissance de la volonté, nous finissons par vivre l'expérience de Romains 7. Le problème est que ceux qui ont une volonté forte ont davantage de succès. Ceux qui ont une volonté forte et dominatrice disent : « Voici comment ce doit être fait! »

Mais le cheminement du chrétien ne consiste pas à utiliser le pouvoir de sa volonté pour contrôler le corps. Nous devons plutôt abandonner notre volonté à l'Esprit qui demeure en nous et Le laisser nous contrôler. Dans Romains 8.2, le mot « loi » apparaît deux fois : « En effet, la loi de l'esprit de vie en Jésus-Christ m'a affranchi de la loi du péché et de la mort. » C'est seulement en Christ que la loi du péché peut être dominée. Dieu y fait face par la loi de l'Esprit et ce même Esprit qui a habité en Christ habite maintenant en nous! C'est seulement en marchant comme Christ a marché, en permettant à l'Esprit saint de nous contrôler que ce dernier peut reproduire en nous la vie de Christ.

Il est important de connaître le contexte de Galates 5. Paul dit aux Galates : « Ne retournez pas au légalisme, ne revenez pas en arrière, n'essayez pas de nous sauver par la puissance de votre volonté. Vous êtes libres en Christ. » Puis aux versets 13 et 14, il dit : « N'usez pas de votre liberté pour jouir du péché. Dieu vous a libérés. Il n'y a plus de condamnation pour vous mais n'utilisez pas cette liberté pour jouir des convoitises de la chair, de la convoitise des yeux et de l'orgueil de la vie; mais par amour, soyez serviteurs les uns des autres. Faites attention à ne pas vous détruire les uns les autres. Mais si vous vous mordez et vous vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres (verset 15). Si nous marchons selon la chair, nous finirons par nous battre. »

Et voici son conseil au verset 16 : « Alors je dis, marchez selon l'Esprit et vous n'accomplirez pas les convoitises de la chair ». Tout chrétien a en lui deux forces qui agissent, deux motivations, deux natures : la nature charnelle et la nature spirituelle. Paul dit au verset 17 que ces deux natures ne peuvent jamais être partenaires. Elles sont ennemies; elles sont en opposition l'une avec l'autre. « Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. » Beaucoup de chrétiens n'ont pas réussi à comprendre ce texte parce qu'ils lisent le verset 17 sans lire le verset 16 et il est garanti qu'en agissant de la sorte, nous interpréterons mal le verset 17.

Le verset 17 semble dire que nous voulons faire la volonté de Dieu mais nous ne le pouvons pas. Ce n'est pas ce que Paul dit. Il dit que si nous marchons dans l'Esprit, les motivations pécheresses seront encore présentes en nous mais que nous n'obéirons pas à la chair parce que nous marcherons selon l'Esprit. Par conséquent, nous ne ferons pas ce que la chair désire.

De plus, si nous lisons le verset 17 sans lire le verset 16, il semble dire que parce que la chair ne peut pas faire ce que l'Esprit désire, nous ferons ce que la chair désire et non ce que l'Esprit désire. Mais Paul dit : « Si vous marchez selon l'Esprit, la chair sera soumise, gardée sous contrôle. »

Maintenant voyons le verset 18 : « Mais si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes pas sous la loi. » Paul dit qu'être sous la loi signifie que nous devons vivre une bonne vie par notre propre force. La loi nous dit : « Je veux que tu m'obéisses. » Mais si nous marchons selon l'Esprit, nous ne sommes pas sous ce système, nous sommes sous la grâce, et sous la grâce nous laissons l'Esprit agir en nous.

Aux versets 19 à 21, Paul explique ce que produit la chair et tous seront d'accord avec moi que ce qu'elle produit est contraire à notre volonté. C'est l'adultère, la fornication, l'impureté, l'idolâtrie, la sorcellerie. C'est l'envie, le meurtre, l'ivrognerie et ainsi de suite. Mais lorsque nous permettons à l'Esprit de nous contrôler, nous produisons alors les fruits de l'Esprit. Remarquez que lorsqu'il est fait mention des oeuvres de la chair, le mot utilisé est « oeuvre ». « Les oeuvres de la chair sont manifestes. » Quand Paul parle de l'Esprit, il utilise le mot « fruit » parce que c'est l'Esprit qui fait l'oeuvre; nous portons le fruit et le fruit est la joie, l'amour, la paix, la patience, la longanimité, la gentillesse, la bonté. Il n'y a pas de médisance, de lutte, d'accusations réciproques. Mais nous ne pouvons pas y arriver en faisant de la publicité, en distribuant des cadeaux ou en organisant des séances de motivation. Nous y arrivons en marchant selon l'Esprit.

Il y a un avertissement qui devrait être donné. Quand nous permettons à l'Esprit de vivre en nous, de nous contrôler, cela vient priver la chair de ses désirs et la souffrance en résulte. La chair essaie toujours de trouver une manière d'obtenir ce qu'elle veut. Il y a en nous deux natures qui veulent toutes les deux contrôler l'esprit qui constitue le champ de bataille. La chair dit : « Je veux faire ma volonté ». L'Esprit dit : « Non. Je veux ma volonté ». Si vous dites oui à la chair, vous attristez l'Esprit. Si votre volonté dit oui à l'Esprit, vous privez la chair de ce qu'elle veut et elle se met en colère contre vous. Il n'y a pas moyen de vous en sortir. Cela provoque de la souffrance.

Dans Hébreux 2 , Christ ne nous demande pas d'endurer quoi que ce soit qu'Il n'ait pas enduré Lui-même. Verset 18 : « Car, ayant été tenté lui-même dans ce qu'il a souffert... » Quand Christ a été tenté, Il a souffert parce qu'Il a permis à l'Esprit de Le contrôler. Ainsi l'Esprit disait « Non! » à la chair et Sa chair était privée de ce qu'elle voulait. Le pire moment a été Gethsémané. À trois reprises, Sa chair cria au Père « Père, s'il est possible, enlève cette coupe », car personne ne veut mourir, surtout pas de la seconde mort qui est un adieu définitif à la vie. L'Esprit a dit « Non! » Et Jésus a répondu « Non pas ma volonté, mais que ta volonté soit faite » et Il a souffert dans la chair.

Hébreux 4.15 nous dit qu'Il a été tenté en tous points comme nous le sommes. Il a été tenté quotidiennement, à chaque heure et à chaque minute de Se saisir de Sa puissance divine et de l'utiliser pour Son propre bénéfice, et Il a dit non. Tout ce qu'Il a fait, Il l'a fait par l'Esprit de sorte qu'Il pouvait dire : « Les oeuvres que je fais, ce n'est pas moi qui les fais mais Dieu qui habite en moi par l'Esprit, c'est Lui qui fait les oeuvres en moi ».

Ensuite 1 Pierre 4.1 nous dit en quoi Il a souffert : « Ainsi donc, Christ ayant souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée (la pensée de Christ est une pensée qui est totalement soumise à l'Esprit). Car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché ». Il est possible pour nous de cesser de pécher non par la force de la volonté mais en marchant selon l'Esprit.

Deux forces opposées se sont rencontrées en Christ : la chair qu'Il a assumée à l'incarnation, et l'Esprit qui habitait en Lui. Les deux constituent une loi : la loi de la chair et la loi de l'Esprit, deux forces constantes et opposées qui se sont rencontrées en Jésus-Christ. Jésus a marché selon l'Esprit tel qu'illustré dans Luc 4.14, qui dit à propos des tentations de Christ qu'Il est ensuite retourné en Galilée avec la puissance de l'Esprit.

Nous découvrirons que l'Esprit, parce qu'Il a reçu la liberté de régner dans la vie de Christ, a conquis, soumis, vaincu la chair, et a prouvé à la race humaine que la loi de l'Esprit est plus grande et plus forte que la loi du péché dans nos membres. Ce même Esprit et donc cette même loi de l'Esprit demeurent en nous. Quand nous permettons à l'Esprit de nous contrôler, nous dominons sur le péché dans notre vie. La Bible l'affirme. Elle ne dit pas : « Si vous marchez selon l'Esprit, il vous est possible de ne pas accomplir tous les désirs de la chair » ou « certains désirs de la chair ». Elle dit : « Vous n'accomplirez pas les désirs de la chair ». Romains 13.14 dit : « Revêtez le Seigneur Jésus-Christ et ne faites aucune provision pour la chair ».

Nous avons un Dieu qui est bien plus grand que la loi du péché qui est dans nos membres. Nous pouvons le croire car la Bible le dit. La justice de la loi est accomplie en nous alors que nous marchons selon l'Esprit. Quand la Bible fait mention de la justice de la loi, elle ne parle pas de gens qui obéissent machinalement à des règles, ce qui est du légalisme, mais elle parle de gens qui manifestent l'amour de Christ. L'amour est l'accomplissement de la loi.

Quand la terre verra un tel peuple, quand la terre sera remplie de la gloire de Jésus-Christ, alors le monde, même le monde scientifique, devra confesser que l'Évangile est la puissance de Dieu pour le salut. On n'aura plus d'excuse pour rejeter Jésus-Christ.

Prions afin que nous soyons prêts à souffrir dans la chair, à renoncer au moi, à prendre notre croix et à abandonner notre volonté à Jésus-Christ. La bonne action de la volonté, c'est l'abandon quotidien à Jésus-Christ et la seule façon dont nous pouvons le faire, c'est en marchant constamment avec Dieu, en maintenant notre esprit en contact constant avec Dieu. Il y a deux manières d'y arriver : en communiquant avec Lui dans nos pensées et en Le laissant communiquer avec nous par l'étude de la Bible.

Marchons selon l'Esprit et permettons à la Troisième Personne de la Divinité d'accomplir et de terminer l'oeuvre qu'Elle doit accomplir dans notre vie.